SORTIE/COMING-OUT

Nous vous proposons ici un modèle pour mieux comprendre le processus qui amène les hommes et les femmes, adolescents ou adultes, à reconnaître leur orientation sexuelle et à l’intégrer ensuite dans leur identité personnelle et sociale. Ce modèle est celui préparé par Demczuk, Dorais, Peers et Ryan dans le cadre de la formation « Adapter nos interventions aux réalités homosexuelles ». Pour plus de détails sur cette formation, vous pouvez contacter le GRIS-Québec au 418-523-5572.

Les étapes du processus de sortie ci-dessous ne sont pas nécessairement traversées par tous et ne sont pas automatiquement chronologiques. Une personne à l’étape d’exploration des possibilités peut très bien, au fil de son exploration, revenir à l’étape de reconnaître ses attirances au lieu d’accepter son orientation sexuelle. Le processus est flexible et unique pour chacun. L’âge de la personne ainsi que son environnement auront aussi une influence sur la vitesse à laquelle elle traversera les différentes étapes. Nous vous les proposons ici selon un ordre où elles sont habituellement vécues.

  • Questionnement sur son orientation sexuelle
  • Reconnaissance de ses attirances
  • Exploration des possibilités
  • Acceptation (relative) de son orientation sexuelle
  • Valorisation de son orientation sexuelle
  • Intégration de son orientation sexuelle

QUESTIONNEMENT SUR SON ORIENTATION SEXUELLE

La personne a une impression diffuse de marginalité : suis-je comme les autres? Elle peut commencer à s’étiqueter même si elle n’aime pas l’étiquette. À ce moment, l’adolescent(e) peut aussi être étiqueté(e) par ses pairs et vivre du rejet et de l’homophobie, surtout à l’école. Généralement, à cette étape, la personne s’informe en cachette, sans en parler à ses proches. Elle peut vivre de l’isolement, avoir le sentiment d’être différent ou avoir des sentiments de culpabilité ou de honte. Des pensées suicidaires sont possibles si l’angoisse est trop grande. Si la sexualité est présente (avec un homme ou une femme), il y a peu ou pas de précautions face aux ITSS (Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang).

RECONNAISSANCE DE SES ATTIRANCES

La personne commence à reconnaître ses attirances (exclusives ou non) envers les personnes de son sexe et considère l’éventualité d’être gai, lesbienne, bisexuel(le), etc. Elle peut très bien sentir un conflit entre l’image de soi et sa vision de ce que les pairs ou sa famille attendent d’elle. Elle peut être possiblement confrontée à l’hétérosexisme, à l’homophobie de l’entourage ou à l’homophobie intériorisée. La personne se sent isolée et marginalisée. Elle peut même rejeter explicitement l’homosexualité. L’angoisse peut encore mener à des idées suicidaires et les activités sexuelles ont lieu généralement sans renseignement sur le sexe sécuritaire.

EXPLORATION DES POSSIBILITÉS

À cette étape, la personne explore les relations sociales et sexuelles possibles et commence à socialiser avec des amis gais, lesbiens ou bisexuels(les). Elle va chercher un groupe ou une communauté d’appartenance et commencera à choisir avec qui, comment et quand en parler. Le désir de se singulariser du milieu hétérosexuel amène parfois la personne à s’éloigner de sa famille. Les activités sexuelles sont généralement non-sécuritaires, quoique la personne, surtout les jeunes, puisse être en contact avec les campagnes de prévention. On remarque parfois des dépressions ou des pensées suicidaires devant les difficultés à s’affirmer dans un contexte social hétérosexiste, voire homophobe. À cette étape, on peut voir une plus grande utilisation d’alcool ou de drogues pour se désinhiber, en particulier dans le cadre de relations amoureuses ou sexuelles.

ACCEPTATION (RELATIVE) DE SON ORIENTATION SEXUELLE

La personne est prête à accepter son orientation sexuelle même si celle-ci n’est ni valorisée ni intégrée dans la vie de tous les jours. La personne développe des relations amoureuses et sexuelles, recrée une « famille » choisie selon ses besoins et peut participer aux activités des communautés gaie ou lesbienne. Elle est plus à l’aise avec son image personnelle devant les désillusions ou déceptions possibles face au milieu homosexuel. La personne identifie des stratégies de divulgation ou de silence selon le contexte. À cette étape, la personne fait le « deuil » de certains rêves (par exemple : la paternité et la maternité dans le contexte d’une famille traditionnelle). Elle se questionne aussi sur les possibilités de bonheur conjugal et de création d’une famille. Enfin, il peut y avoir une sensibilité face au rejet réel ou anticipé par les pairs ou la famille.

VALORISATION DE SON ORIENTATION SEXUELLE

À cette étape, la personne voit son orientation sexuelle de manière positive et saine. Il arrive parfois que la personne (en général les jeunes et en particulier les jeunes hommes) survalorise les identités et communautés gaie et lesbienne. Elle peut même dénigrer l’orientation ou l’identité hétérosexuelle. On voit alors l’adoption d’une attitude défensive « nous contre eux ». L’activité sexuelle peut très bien être encore à risque. Chez les hommes, la sexualité récréative, parfois compulsive, sert de moyen pour affirmer son orientation ou son identité gaie; la sexualité est privilégiée comme moyen de socialisation. Il peut y avoir une consommation importante de drogues et d’alcool, car les bars sont souvent les principaux lieux de socialisation. Cette valorisation extrême de l’homosexualité peut occasionner des problèmes d’ostracisme ou de discrimination.

INTÉGRATION DE SON ORIENTATION SEXUELLE

Finalement, la personne se sent bien avec son orientation sexuelle tout en étant à l’aise avec celle des autres. Elle consolide son image de soi et ses stratégies de divulgation. Elle abandonne l’attitude du « nous versus eux ». La personne poursuit son développement personnel sur autre chose que son orientation sexuelle. Elle est possiblement à la recherche d’une relation amoureuse stable le cas échéant, il peut y avoir « réconciliation » avec la famille ou proches. Les pratiques sexuelles sont possiblement plus sécuritaires, car il y a une reconnaissance des pratiques à risque et que la personne est plus à l’aise avec ses comportements sexuels. Cependant, il peut toujours y avoir une méconnaissance des risques encourus dans le couple surtout s’il y a non exclusivité des partenaires. Enfin, il est toujours possible que la personne gaie, lesbienne ou bisexuelle subisse de la discrimination dans la vie sociale et professionnelle.

QUELQUES INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

En ce qui a trait plus spécifiquement aux jeunes hommes gais ou bisexuels, ils ont tendance à avoir leurs premières expériences homosexuelles 2 ans avant de s’associer au mot « homosexuel ». Les études américaines sur les relations gaies et lesbiennes rapportent que la sexualité masculine est caractérisée par l’initiative, l’action, la demande d’une gratification immédiate et la capacité de détacher sexualité et lien affectif. Les sentiments sont parfois niés en vue de minimiser l’importance des relations sexuelles. Enfin, les hommes ont tendance à se catégoriser plus rapidement à partir des comportements sexuels.

Pour terminer ce dossier sur la sortie, nous vous proposons le témoignage de Vincent. Son histoire est particulièrement pertinente puisqu’elle illustre parfaitement bien les étapes ci-dessus. Au travers du texte, vous retrouverez (entre parenthèses), à titre informatif, les étapes du processus d’acceptation.

IL ÉTAIT UNE FOIS

 

Je m’appelle Vincent et j’ai 25 ans. J’ai entendu déjà que l’homophobie vole parfois l’adolescence de certaines personnes: ce fut mon cas, car j’ai l’impression de m’être empêché de vivre plein de choses en jouant un rôle si longtemps. Voilà donc pourquoi aujourd’hui je souhaite aider d’autres personnes à vivre épanouies.

Lors de mon premier jour au secondaire, j’ai eu un « coup de foudre ». Elle (hé oui, ELLE!) s’appelait Geneviève. (Questionnement) Je croyais bien l’aimer même si ce n’était pas à elle que je pensais, couché dans mon lit… Ce sont plutôt quelques garçons qui ont attiré mon attention du point de vue physique, mais je n’étais pas amoureux d’eux; je n’avais pas envie de les connaître davantage. Autre moment important de mon secondaire: une première déclaration d’amour à Julie, celle qui deviendrait ma femme. Hé oui, ma femme!

(Reconnaissance) Au cégep et à l’université, je me souviens avoir vu des annonces du groupe gai de l’Université Laval. J’avais envie d’y aller, mais je n’ai jamais osé: si quelqu’un m’avait reconnu! Durant mes études universitaires, moi et Julie nous nous sommes rapprochés et nous avons commencé à sortir ensemble. Nous étions de super bons amis, mais point de vue affectif, Julie a presque toujours senti qu’il manquait « quelque chose » comme elle me disait. Elle ne sentait pas la passion qui aurait dû être présente, et mes accolades manquaient de tendresse… « Je suis un gars, c’est normal que je sois moins affectueux que toi », que je lui répondais. « Ou bien ma mère était moins affectueuse que la tienne et j’ai moins appris à démontrer de l’affection… ». Je n’étais pas conscient que c’était moi le « problème » au fond.

Un an avant la fin des études universitaires, nous avons décidé de nous marier après la fin de l’université. En cours de route, Julie a eu des doutes, des remises en question et elle a failli tout annuler… Je crois qu’au fond, elle était embêtée parce qu’elle se disait que j’étais un bon gars tout en sentant qu’il manquait un ingrédient essentiel pour donner de la saveur à notre vie de couple…

Le grand jour arriva, j’étais heureux et je pensais bien prendre la bonne décision. On est parti en voyage de noces, mais ce ne fut pas super. Notre vie sexuelle n’a jamais été époustouflante. J’ai toujours été préoccupé par la sexualité entre moi et Julie: je me demandais si ça marcherait! Avant le mariage, comme nous étions tous les deux assez croyants, nous n’avions pas eu beaucoup de relations sexuelles. Une fois marié, c’est devenu une source de stress pour moi parce que quand ça ne fonctionne pas très bien, la fois suivante, ça devient un peu plus stressant, et ainsi de suite. Donc, les rapports sexuels se sont espacés… et la frustration a augmenté pour Julie.

À cette époque, je faisais de la suppléance dans des écoles secondaires et l’une d’entre elles était plus difficile que les autres. Les élèves avaient décelé la part de féminité qui sommeillait en moi et ils avaient décidé de me la faire remarquer! J’avais des idées noires, je suis descendu assez bas, et là, alors que je croyais bien ne plus rien avoir à perdre – ma vie était finie après tout – j’ai parlé de mes problèmes à l’école à Julie et c’est là que je lui ai avoué que j’étais homosexuel ou qu’à tout le moins les garçons m’attiraient plus physiquement que les filles.

(Exploration) Sa première réaction en a été une de soulagement: ce n’était pas elle le problème finalement! Par la suite, elle m’a soutenu le temps que j’aille un peu mieux et puis elle est retournée vivre chez ses parents. C’est elle qui a fait mon « coming out » auprès de ma mère en se disant que ma mère pourrait peut-être m’aider à aller mieux. Je me souviens d’avoir dit à ma mère de ne pas s’inquiéter, que je ne vivrais jamais avec un homme, pour moi c’était impensable à ce moment. Mon père a été incroyable: il m’a dit que j’étais le même Vincent qu’avant! Moi qui pensais qu’il me renierait. J’ai vu un psychiatre qui m’a psychanalysé rapido et qui a conclu que je n’étais peut-être pas gai finalement: les gars qui m’attiraient étaient peut-être seulement des modèles masculins remplaçant mon père auquel je ne m’étais pas identifié! Il est assez comique celui-là: j’ai eu à le revoir quelques mois après notre première rencontre et il a alors entrepris de psychanalyser ma vie sexuelle homosexuelle et de faire des liens avec mon père! J’ai vu une travailleuse sociale également qui m’a parlé d’une maison de « thérapie » quand je lui ai parlé de ma foi : Jésus et le Saint-Esprit devaient guérir mes blessures de vie et rétablir l’ordre normal des choses et c’était (sic) pas de ma faute. Bon, j’ai essayé et j’ai cru pour un moment que je pouvais en effet rechercher mon père, mais le mal était toujours présent! J’ai parlé au prêtre qui m’avait marié et il ne croyait pas à ces théories de guérison. Il y a une question de respect là-dedans qu’il m’a dit. Lorsque quelqu’un croit avoir la vérité absolue et qu’il porte un jugement sur toi, il ne t’aide pas.

(Acceptation et valorisation) Toutes ces aventures m’ont évidemment changé comme personne : je suis moins timide et j’ai appris à ne plus accorder d’importance à ce que les autres peuvent penser. Donc maintenant, je danse comme si personne ne me regardait! J’ai accepté ma « gaieté » entre autres en participant à un groupe de discussion et en combattant les préjugés que j’avais moi-même face aux membres de la diversité sexuelle. C’est difficile de comprendre et d’accepter ce qu’on ne connaît pas! Pour ma part, c’est par les échanges et les rencontres que j’ai élargi mes horizons. J’ai appris avec mon premier chum que je peux être très affectueux finalement! J’ai appris que je pouvais rechercher l’amour à travers une histoire d’un soir, mais qu’en bout de ligne, je me retrouvais plus souvent qu’autrement déçu… J’ai appris que plein de personnes ont peur de s’engager et que ça m’est arrivé à moi aussi d’être celui qui ne veut pas s’engager. Je suis allé à ma première parade à Montréal et j’ai appris que les autres nous acceptent presque à coup sûr quand on est bien dans sa peau. (Intégration) Aujourd’hui, je suis agent d’assurance, une occupation qui correspond davantage à ma personnalité et tout le monde au bureau sait que je suis gai! Il fait tellement plus clair et c’est tellement plus beau en dehors du (sic) garde-robe…

Vincent

LEXIQUE

Petit lexique de la diversité sexuelle [1]

LE SEXE

Identité sexuelle : terme dont la définition est très variable selon les auteurs. Ce concept tend toutefois à regrouper à la fois l’identité de sexe, l’identité de genre et l’orientation sexuelle (ou l’identité à laquelle est peut donner lieu). Utilisé surtout en France, le terme identité sexuée, très proche, regroupe à la fois l’identité de sexe et l’identité de genre

Sexe : caractéristiques physiologiques faisant en sorte qu’une personne à la naissance (ou même un peu avant) est identifiée comme de mâle, femelle ou indéterminée (intersexuation), selon l’apparence de ses organes sexuels internes et externes, ses hormones, ses chromosomes et ses gonades.

Identité de sexe : conscience ou conviction d’appartenir à une catégorie de sexe (mâle ou femelle), que cela soit conforme ou non avec le sexe assigné à la naissance (à noter : en raison d’une traduction incorrecte de l’anglais, le terme identité de genre est souvent confondu avec le terme identité de sexe, plus correct)

Personne intersexuée : personne née à la fois avec des attributs physiologiques mâles et femelles. Par exemple, il peut y avoir non concor­dance entre les organes génitaux externes, les organes génitaux internes, les caractéristiques sexuelles secondaires, les hormones et/ou les chromosomes. Ce terme remplace l’ancienne appellation «hermaphrodite » longtemps utilisée jadis.

Personne transsexuel-le : personne souhaitant ou ayant modifié son corps par un traitement hormonal ou chirurgical afin qu’il corresponde à son identité de sexe plutôt qu’au sexe assigné à sa naissance.

LE GENRE

Genre : réfère aux caractéristiques et attributs non physiologiques considérés masculins, féminins, neutres (peu de masculin et peu de féminin) ou androgynes (à la fois du masculin et du féminin) chez une personne.

Identité de genre : expérience intime et identification de son genre selon les degrés de masculinité et de féminité que ressent la personne.

Expression du genre : manifestation du genre ou de l’identité de genre d’une personne, notamment par son apparence, son habillement, sa conduite, sa gestuelle et ses attitudes.

Rôle de genre : expression de genre attendu respectivement des hommes ou des femmes dans une culture et à une époque déterminées. Les rôles de genre sont en quelque sorte le produit d’un étiquetage à partir de ce qui est considéré masculin ou féminin comme activité dans une société donnée.

Personne au genre fluide (ou genre queer) : personne n’adhère pas au système binaire de construction du genre (selon lequel on serait soit masculin, soit féminin)

Personne créative sur le plan du genre : terme de plus en plus utilisé, en remplacement de «non-conformiste sur le plan du genre»; sert à désigner des personnes qui, sciemment ou pas, rejettent les normes sociales en ce qui concerne l’expression attendue de leur identité de genre.

Personne bispirituelle (ou «aux-deux-esprits») : terme utilisé par des peuples autochtones d’Amérique du Nord pour désigner la présence de deux esprits dans un même corps, soit le masculin et le féminin. Les personnes qui se qualifient de bispirituelles peuvent aussi se présenter comme étant gais, les­biennes, bisexuelles, transidentaires, intersexuées, ou encore avoir des identités plurielles.

Personne transgenre : personne qui s’identifie sur le plan de genre par-delà la binarité masculin/féminin conventionnelle et qui peut ainsi passer de l’un à l’autre.

Personne transidentitaire : terme générique qui peut englober les personnes transsexuelles, transgenres, bispirituelles (ou «aux-deux esprits») chez les nations autochtones, intersexués ou au genre fluide.

Personne cisgenre :  personne dont l’identité de sexe et l’identité de genre correspondent respectivement au sexe attribué à la naissance et au genre traditionnellement attendu (par exemple un homme masculin, une femme féminine).

Transition : processus complexe, en plusieurs phases, qui consiste à harmoniser l’anatomie et/ou l’identité sociale d’une personne à son identité de sexe et/ou de genre. La transition peut se faire sur le plan social (son identité aux yeux d’autrui), légal (son nom ou la mention de sexe sur les documents officiels), cosmétique (apparence) et/ou physique (hormonothérapies et chirurgies). Ces différents plans sont indépendants les uns des autres ; ainsi, une personne peut faire une transition sociale sans avoir subi d’intervention médicale.

L’ORIENTATION SEXUELLE

Hétérosexualité : attirance ou excitation sexuelle envers des personnes de sexe différent du sien.

Homosexualité : attirance ou excitation sexuelle envers des personnes de même sexe

Bisexualité : attirance ou excitation sexuelle, à des degrés divers, envers des personnes de sexe mâle et des personnes de sexe femelle.

Pansexualité [2]: attirance sexuelle, émotionnelle, romantique ou spirituelle pour d’autres personnes sans considération de leur sexe biologique, de leur expression de genre ou de leur orientation sexuelle.

Orientation sexuelle : attirance érotique, préférentielle ou exclusive, pour des personnes d’un sexe et/ou d’un autre. Peut se déterminer par les désirs, les conduites et/ou les affinités ou appartenances identitaires d’une personne ; à noter que les désirs, les conduites sexuelles et les affinités ou appartenances identitaires d’une même personne peuvent ne pas être se conjuguer ensemble (par exemple, avoir des désirs homosexuels et des pratiques hétérosexuelles, ou vice versa).

Préférences sexuelles : goûts et pratiques sexuelles qui actualisent l’orientation sexuelle, notamment selon l’apparence, la morphologie et les autres caractéristiques physiques, psychologiques ou identitaires des partenaires sexuels.

Identité liée à l’orientation sexuelle (ou identité érotique) : les désirs et les comportements relatifs à l’orientation sexuelle ressentie ou vécue par une personne peuvent donner corps à une identité affirmée. Par exemple, on peut, par un processus de coming out, s’affirmer à soi et à autrui comme étant gai, lesbienne, bisexuel-le, ambivalent-e, sexuellement fluide ou queer en raison de ses désirs ou de ses activités sexuelles, ou encore des affinités que l’on ressent avec ceux ou celles qui partagent les mêmes attirances.

Queer : qualificatif utilisé comme synonymes fédérateur de LGBTI, le terme signifie de façon plus spécifique le refus de correspondre aux étiquettes binaires en ce qui concerne le sexe, le genre et surtout l’orientation sexuelle.

Personne en questionnement : personne ambivalente ou incertaine quant à leur orientation sexuelle (ambisexuelle) ; le terme est parfois aussi utilisé pour désigner une personne ambivalente ou incertaine quant à son identité de genre.

Hétérosexisme : présupposition voulant que toute personne soit ou devrait être hétérosexuelle (du moins jusqu’à preuve du contraire) ; affirmation de l’hétéro­sexualité comme étant toujours supérieure ou préférable aux autres orientations sexuelles.

Homophobie : désigne toute attitude sciemment préjudiciable envers l’homosexualité, le lesbianisme ou la bisexualité (biphobie).

Homophobie intériorisée : sentiment induit de culpabilité, de honte ou de baisse d’estime de soi en raison de son attirance envers des personnes de même sexe.

Transphobie : désigne toute attitude sciemment préjudiciables envers les per­sonnes transidentitaires.

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[1] Document 1.1: Petit lexique de la diversité sexuelle, DORAIS Michel, 2016.

[2] (en) Kim Rice, « Pansexuality », dans The International Encyclopedia of Human Sexuality, 2015 (DOI 10.1002/9781118896877.wbiehs328)